Samedi soir, les Girondins de Bordeaux ont assuré leur qualification pour les seizièmes de finale de la Coupe de France, en venant à bout à Chaban-Delmas, d'une équipe de Bastia accrocheuse, mais maîtrisée par une formation locale plus expérimentée. Un avantage, qui permet aux hommes de Ricardo de jouer dès à présent sur plusieurs tableaux à la fois...
Les Marine et Blanc sont aujourd'hui les seuls dans l'Hexagone a pouvoir prétendre batailler sur quatre tableaux en même temps. Enfin, seuls, pas tout à fait, puisque les Lyonnais sont venus à bout hier soir, du voisin régional, l'Aviron Bayonnais, au terme d'une vraie rencontre de coupe ; c'est-à-dire indécise jusqu'au terme du temps règlementaire (1-2)...
C'est une aubaine donc, pour un collectif du Scapulaire qui va désormais pouvoir multiplier ses chances – potentielles – d'atteindre ses objectifs continentaux. A à mi-chemin, maintenant, entre le virtuel et la réalité, les troupes girondines peuvent se concentrer sur l'essentiel, sans négliger quoi que ce soit. En effet, si le championnat demeure la priorité, les deux coupes nationales ainsi que la joute U.E.F.A, qu'il faudra disputer le mois prochain face à l'Osasuna Pampelune, constituent un mets de choix pour qui nourrit des ambitions de victoires et d'accessit « rapide ». Mais d'ici là, ce sont Reims et Niort, qui se dresseront sur la route d'Ulrich Ramé et des siens, tant en Coupe de la Ligue, qu'en Coupe de France, sous une quinzaine de jours maximum. Deux formations connaissant des fortunes diverses dans leur championnat de Ligue 2, au même titre que le Sporting Club de Bastia, hôte des Bleus, le week-end dernier.
Calés dans le ventre mou de la deuxième division nationale, les Corses n'ont pu faire mieux que résister concrètement un quart d'heure, aux assauts de leurs bourreaux aquitains. L'auteur de la mise à mort des insulaires, Marouane Chamakh, revenu à son meilleur niveau et signataire d'un doublé (14ème et 70ème minutes), anéantissant assez rapidement tout espoir de succès méditerranéen ! Ce qui, au final, est plutôt une bonne chose pour lui et pour son club. Oui, c'est décidé, Bordeaux attaque l'édition 2007 comme il avait terminé la précédente ; par une qualification pour le tour suivant ! N'en déplaise à l'A.S. Saint-Étienne, qui avait connu fin décembre, pareille mésaventure dans la quête du trophée strié. Tout ceci étant de bon augure pour la suite des évènements...
Toutefois, si les pensionnaires du Château, Star Académiciens du Haillan, sont en passe de réaliser leurs rêves sportifs et d'atteindre de grandes finales, revenant ainsi sur le devant de la scène (même si rien n'est encore acquis aujourd'hui), ils ne doivent leur réussite qu'au travail effectué depuis plusieurs mois sous la férule d'un staff technique soucieux de redonner ses lettres de noblesse à un club cinq fois titré champion de France, mais aussi à une approche très professionnelle de la chose. Maturité, expérience, « effet Champions League » et pas, ou peu, de place pour le hasard à Lescure, en sont le témoignage criant ! En dépit d'une prestation correcte mais loin d'être transcendante face aux insulaires azuréens, le bloc bordelais n'a pas rompu sous les coups de boutoirs initiaux d'un P.Y. André très en jambes, ni plié face aux dribbles vivaces de S. Barthélemy ou de F. Mendy.
Costauds, solides, efficaces et réalistes ont été les soldats de capitaine Jemmali ! Assurer l'essentiel et se qualifier avec maîtrise, étaient peut-être les maîtres mots d'une causerie d'avant-match mesurément galvanisante. Ceci expliquant, pourquoi pas, cela ! Pourtant, contrôler la situation n'était certainement pas une sinécure face à un onze motivé et alignant de bons éléments sur la pelouse glissante de Chaban-Delmas. Cependant, Bernard Casoni, entraîneur du Sporting, ne s'y est pas trompé au sortir du match, malgré une légère frustration due, selon ses dires, a quelques décisions d'arbitrage contestables : « Nous avons des regrets ce soir car nous perdons sur un but peut-être hors-jeu, ainsi que sur un penalty non sifflé. De plus, nous ne nous sommes pas lâchés à 100%. Nous avons une équipe un peu jeune et n'avons pas su conserver le zéro à zéro longtemps. Mais Bordeaux était supérieur à nous, avait la maîtrise technique et plus d'expérience. C'est une équipe de Ligue 1 ; une bonne équipe. »
Pour son homologue, Ricardo, plutôt content de la prestation de ses joueurs, cette confrontation comportait certains risques, eu égard à la période et à la valeur de l'adversaire : « C'était un match agréable. Bastia nous a posés pas mal de problèmes en début de partie, mais après le premier but, nous avons bien géré. Ce rendez-vous était dangereux car c'était le premier match après la trêve. (...) Nous avons eu quatre ou cinq occasions assez nettes et en avons mis deux, mais Bastia aurait pu marquer une fois, également. »
Mais selon la formule consacrée, l'essentiel est désormais assuré. Et en sus du ticket des 16èmes en poche, il y a bien d'autres raisons de se délecter de ce succès hiérarchiquement et sportivement logique, dans la mesure où bon nombre de motifs de satisfaction demeurent. Et pour l'½il avisé du coach carioca, il est quasi impossible de ne pas savourer, entre autres, le retour de Vladimir Smicer à la compétition, la partie livrée par Pablo Francia (tous deux titulaires), la mobilité du Johan Micoud dans l'entrejeu, la double offrande de Marouane Chamakh, la combativité défensive de Franck Jurietti ou encore la complémentarité régénérante du duo Obertan-Jemmali, sur le flanc droit !
Bref, que du bon, avant d'appréhender les échéances nationales et européennes à venir, et de continuer à rouler sur la quatre voies du bonheur...